mercredi 27 avril 2016



Déjà tout petit Florent écoutait beaucoup de musique, normal avec des parents grands amateurs du genre. Il a eu le déclic en découvrant des groupes comme Linking park et ACDC. Aujourd’hui, chanteur du groupe Landmarks mais surtout a son propre studio d’enregistrement, Homeless records. 
Au travers de cette passionnante interview vous découvrirez qui se cache derrière florent, ses début en tant que producteur et ses projets à venir.

1) Tout d’abord peux-tu te présenter et nous dire qui tu es?
Salut ! Je m’appelle Florent SALFATI je suis musicien, producteur de musique et détenteur d’un studio d’enregistrement fondé sur Marseille, nommé Homeless Records.

2) Qu’est-ce qui t’a amené à la musique, comment l’as tu découverte?
J’ai dû commencer à jouer de la guitare vers l’âge de 13 ans, mes parents sont de grands amateurs de musique et mon père est guitariste du coup, j’y ai toujours baigné. 
A la maison sur l’étagère à CD il y avait à peu près tout les bons artistes de chanson française mais aussi, sans vraiment y prêter attention, il y avait l’intégrale des beatles, deep Purple, Led zep...
Mais j’avais pas encore eu le déclic de l’instrument ou réalisé que tout ça allait rythmer mon futur, forcement.

3) Le premier groupe sur lequel tu as flashé?
Le premier CD que mes parents m’ont acheté c’était un single de Manau, dans la cour à l’époque c’était Manau, Eminem et la Fonky Family!
Je m’entraînais à rapper le plus vite possible mais juste pour la performance je comprenais pas trop ce que je faisais au sens musical ni pourquoi ça commençait à me plaire, on faisait du yaourt sur Eminem avec les potes.
Puis un jour vers mes 12 ans en allant chez un libraire pour m’acheter des bonbons et des cartes Dragon ball,  je tombe sur un Rock One avec la gueule de Marilyn Manson en gros. Ca m’at tire énormément,  je sais pas vraiment pourquoi... Du coup je rentre chez moi gratter ma mère pour qu’elle me donne 5 euros et je m’achète le magasine. A partir de là c’était foutu, il y avait un CD dedans, une compile des singles métal du moment, je sais plus quels groupes exactement mais c’était des trucs comme Slipknot,  Korn,  je crois même qu’il y avait Dagoba dans la compil bref j’ai pris une claque.
Pas longtemps après c’est mon anniv,  mes parents m’offrent deux CD : «Meteora» de Linkin Park, un double Cd live d’ACDC et un Walkman. Je crois que meteora ne marche même plus tellement il est usé. Là j’ai fini par comprendre...
Du coup c’est parti avec mes potes on découvre ça en même temps, on va à Sabre Tooth qui est LE disquaire métal de Marseille, on achète un paquet d’album de métal et de hardcore, je commence à apprendre la guitare avec mon père et je choppe une électrique peu de temps après.
Mais le vrai déclic celui qui va me péter la gueule, il se passe encore
un peu plus tard. On est invité chez des amis à mes parents que je ne connaissait pas pour un dîner. J’arrive donc chez eux et là je tombe dans un salon rempli du sol au plafond de CD, de vinyle, de DVD de Métal, Rock, Hard Rock, Hardcore... je sentais que j’allais passer une bonne soirée, c’est comme si t’arrivais dans un magasin de jeux vidéo ou de bonbec à 8 ans et qu’on te disait, sers toi !
Je passe les détails mais je reparts de là avec Ride The Lightning et Master Of Puppet de Metallica, et je passe les 4 années qui suivent à jouer de la guitare parfois 6h par jour. 
Donc pour répondre à ta question, mon groupe de cœur c’est évidemment Metallica. Pas toi? 


4) Comment en es tu venu à faire de la production, as-tu suivi une formation à la base?
Vers mes 15 ans je tombe sur un enregistreur numérique Zoom, que mon père avait acheté et laissé dans un coin. Du coup je demande si je peux m’en servir! Il me dit non parce que dès que je lui prenais un truc je le cassais, et ça valait une blinde ce truc, mais bon évidement je le prends quand même. Et je commence à enregistrer mes riffs de guitare. Je découvre aussi que sur mon ordi j’avais le logiciel « Audacity » qui était pré-installé. je commence à m’enregistrer sur ça avec ma Metalzone et mon petit  Marshall que j’avais trouvé dans la cave... 
Je fais des maquettes pour mon groupe avec 3 micros à 10 balles sans métronome sans rien, j’y comprenais rien de toute façon, je tâtonne, je test, je touche des boutons, je découvre. Mais pas une seule seconde j’aurais pensé en faire mon métier, ça ne me venait pas à l’esprit en fait, tout ce à quoi je pensais a l’époque c’était faire de la musique. Au grand désarroi de mes parents qui voyaient mes notes à l’école chuter exponentiellement haha.
J’ai donc fait mon expérience seul. Un ami m’installe Ableton live, je sens qu’il y a plus de possibilité mais j’y comprends quedal, à l’époque on avait même pas le reflex d’aller sur internet, sur des forums, pour trouver des solutions à tout et n’importe quoi ! Donc j’apprends petit à petit en tâtonnant. Entre temps je suis passé par pro tools etc.  Mais je suis finalement revenu sur Ableton, je trouve que son «workflow» est incroyable.
Après le lycée fallait que je fasse quelque chose! la Seul option pour moi c’était un BTS audiovisuel, 2 ans de formation très chers.
j’en ressors avec un bac +2, certes, mais je ne la conseille pas pour qui veut travailler en studio. Honnêtement si tu veux perfectionner ta maîtrise théorique du son OK, mais le problème de ce genre de formation c’est qu’elles sont très peu accès sur la pratique! Le peu que l’on ait fait était lié directement à la TV, la Radio ou le cinéma. Mais finalement de la musique? Il n’y en a pas, et il y a une différence entre travailler dans la musique et travailler dans le son. Après pour les férus de cinéma c’est parfait, ça débouche sur des métiers comme Mixeur en plateau, en post prod, perchman, etc 
ça m’a quand même appris des choses intéressantes sur la physique acoustique et la façon de mieux appréhender le cheminement et le fonctionnement du signal sonore.

5) Raconte nous la naissance d’Homeless rds?
j’ai commencé à enregistrer mes propres groupes et des groupes de potes chez moi dans ma chambre, du coup quand les albums sortaient il fallait que je donne un nom à mes productions, j’ai appelé ça Homeless Records.
Il ya 2/3 ans de ça mon frérot et Guitariste dans LANDMVRKS, Nicolas Exposito, me propose de m’associer à son studio «Polar Deer Recording», je ne le remercierai jamais assez d’ailleurs. 
Moi j’avais pas une thune, il avait un local qu’il louait avec pas grand chose dedans niveau matos, comme chez moi, du coup on commence à investir tous les deux dans de bonnes enceintes, une bonne carte son, un bureau des micros pour la batterie et c’était parti.
Un an plus tard Nico décide de prendre le large pour partir vivre à Berlin avec son pote de NDSE Recordings il me propose de venir d’ailleurs mais moi je commençais à peine à taffer à côté j’étais pas prêt. Ca me motive en revanche à prendre les devants et faire des travaux pour retaper tout le studio. Je pose du parquet, des murs phoniques, une cabine pour le chant. A partir de là le studio démarre vraiment. Depuis ça se passe bien! De bouches à oreilles, des groupes viennent de différents coins de la France et je travaille aussi pas mal avec des groupes internationaux qui veulent des mixages et mastering à distance.

6) Te rappelles-tu du premier groupe que tu as enregistré, comment cela s’est-il passé?
La première vraie production que j’ai faite c’était pour le premier EP de mon groupe Hate In Front, j’ai enregistré toutes les parties chant dans ma chambre, c’était long et éprouvant j’ai du mettre 6 mois pour Enregistrer, Mixer, Masteriser tout ça en ne sachant même pas comment marchait un compresseur, je tournais les potards et j’écoutais, sur mes enceintes 4 pouces à 100 balles la paire. j’ai beaucoup appris sur ce projet, on est tous fier de cet album finalement. Par la suite la majorité des enregistrements que j’ai fais se sont toujours bien passés, j’utilise des techniques d’enregistrements qui mettent les clients à l’aise. On trouve toujours un moyen de régler les problèmes facilement et je participe à la production en terme de composition et d’arrangement quand c’est nécessaire ou que le groupe me le demande. 
Je ne force jamais les groupes à faire des choses dont ils n’ont pas envie, moi je propose je fais des essais je suis là pour capter l’essence du groupe et leur donner les meilleurs conseils afin de sublimer leurs chansons, pas pour aller à leur encontre ou faire ce que moi j’ai envie de faire. Y a pas de règle inviolable, « tu joues mieux sur ta vieille Squier à 100 balle plutôt que sur ma strat US ? Vas y fais toi plaisir ça va sonner. » Pas de chichi, on est là pour produire de bons albums pas pour se la raconter.
On se focalise énormément sur la composition et le performance, de chaque musicien en studio, sur l’ambiance qu’on va apporter aux chansons simplement par le jeu en lui-même, et pas réellement sur le son en tant que tel au premier abord. Ca c’est mon travail par la suite d’essayer de comprendre là ou le groupe veut aller en terme de sonorité. Et généralement on se comprend.

7) Avec Homeless rds tu te cantonnes qu’à un seul style de musique ou es tu ouvert à tout horizon musicale?
Alors évidemment on me contacte beaucoup pour les styles alternatif et extrême mais je suis ouvert à tous les styles ça m’intéresse de tester mes capacités et de savoir comment je vais appréhender un style différent. j’ai fait du hip hop, folk, punk, pop, hardcore, Metal au sens large…
J’aimerais bien produire un artiste de Pop «radio», voir ce que je pourrais faire sur une commande «broadcast». Mais Beyoncé ne m’a pas encore contacté...
Mis a part le metal/hardcore, on me demande pas mal pour du punk rock en ce moment j’adore mixer ce genre de son parce que ça vie, et c’est sans artifices, ou en tout cas faut donner l’illusion que c’est sans. On me demande de garder ce côté brut avec ces guitares crunch et un son très medium mais y ajoutant ma touche moderne et rentre dedans... Parfait on y va!
D’ailleurs mes acolytes et moi même on n’ est pas cantonné qu’au métal/hardcore on fait de l’acoustique, des style plus indé/rock/pop, on compose, on fabrique, on verra plus tard ce qu’on en fera. Je fais aussi parti d’un collectif de rap, on a sorti une mixtape il y a quelques années, ça se trouve sur bandcamp «ABP Mixtapes Vol.1», peut être un album hip hop solo qui arrive... qui sait.

7) Tu joues également dans les groupes Hate in front et Landmarks. Comment fais-tu pour gérér tout cela ?
Mes groupes c’est le point central de la chose, si je me suis perfectionné dans la musique, dans le chant, dans la guitare ou dans la production c’est au départ pour le besoin du groupe.
Déjà parce qu’il fallait bien le faire, sans argent pour payer des graphistes ou des ingénieurs son, personne ne l’aurait fait à notre place et aussi pour pouvoir présenter quelque chose de toujours plus intéressant et par conséquent se faire de plus en plus plaisir. C’est comme un sport tu vas jouer au tennis au départ tu galères, tu renvoies pas une balle il n’y a pas d’intérêt ni pour toi ni pour celui en face, puis plus tu acquiers de techniques et de coups différents plus c’est amusant/intéressant. 
Aujourd’hui Hate In Front n’est plus en activité mais c’est mon premier groupe on y a vécu les pires comme les meilleurs moments, donc on s’y remettra sûrement un jour! 
En revanche avec LANDMVRKS c’est devenu prédominant dans ma vie et celle des mes gars. On aime vraiment la musique qu’on joue, on y met toutes nos tripes et on travaille constamment pour rendre le projet aussi bon que possible. 
A la base ça partait de compo que je faisais seul dans ma chambre en parallèle d’Hate In Front. Le projet peut paraître neuf mais ça doit faire 4 ans que je répète avec mon batteur bassiste et guitariste actuel, (respectivement Niko, Rudy et Thomas), à perfectionner la chose. Nicolas le deuxième guitariste nous a rejoint un peu plus tard. 
On s’occupe de tout, on travaille tous les jours, ça demande beaucoup de temps c’est dur d’allier vie professionnelle et privée, heureusement j’ai la chance de travailler dans un environnement musical, c’est plus simple si je décide de faire une pause et de prendre une guitare pour enregistrer un riff.

8) Justement où en sont les groupes, y-t-il des projets en cours?
Avec Landmvrks on vient tout juste de finir l’enregistrement de notre premier album il s’appellera «Hollow» il comportera 11 titres et sortira en Juin/Juillet. on y a passé un temps considérable mais on est content du résultat toute la production a été faite par nos soins et on vient de sortir un nouveau clip intitulé «Winter» que je vous invite à visionner sur Youtube.
Une tournée Européenne est prévue pour Septembre et plein de belles choses par la suite je l’espère!

9) Quel regard as-tu sur la scène marseillaise et qu’en penses-tu?
Il y a des périodes. Lorsque j’ai commencé à m’y intéresser, les groupes de l’époque jouaient tout le temps on voyait des «NSBS»; «Try To Win» et compagnie sur toutes les affiches, on allait à tous les concerts c’était fun. 
Les groupes, peu à peu se sont séparés. Une nouvelle vague a pris le relaie avec Hate In front notamment.
On a mis un moment à se faire accepter, y’avait pas foule au concert, on était sûrement mauvais haha 
Puis de fils en aiguille on a senti un réel engouement pour nous et pour les autres groupes il y avait une vraie unité sur Marseille sans histoires de gamin, ou de commérage dans le coin tu vois c’était simple on faisait de la musique. Hazem et Fabien du O’bundies nous filaient la salle tout le temps on y a fait des concerts mythiques dans cette cave ! Ensuite ils ont créé le Molotov ça nous a tous permis de jouer sur une scène plus professionnelle.
Et il y a de ça 2 ans, en même temps qu’ Hate In Front commençait à battre de l’aile, les concerts se sont fais plus rares les jeunes qui venaient aux concerts sont partis vers d’autres horizons entraînant une chute notable. Julien, mon batteur de l’époque, qui organisait beaucoup de concert, a arrêté. Suivis de quelques assos du coin, du coup ça a ralenti. Ca commençait a me faire flipper parce que je l’aime cette scène mais avec tout ce que j’essayais d’entreprendre avec le studio j’avais pas les moyens ni le temps de contribuer à organiser des concerts moi même...
Depuis 1 an maintenant, ça repart on retrouve des concerts plus réguliers on a une bonne équipe de groupe. Et des organisateurs de nouveau motivés. Je pense à Apache, Dirty Wheels, Odyssey, Horned, 21 Again, Downhill, Wake The Dead, killboy Powerhead et j’en oublie… Sans parler d’autres groupe qui se montent tranquillement.

10) Quel est le prochain groupe que tu vas enregistrer et tes projets personnels pour cette année?
En ce moment je travaille sur plusieurs projets en même temps, je suis d’ailleurs en train de finaliser un projet avec un groupe de metalcore Japonais signé qui ont fait appel à mes services pour la production et le mix/master de leur album! On a travaillé à distance ils sont super contents du résultat, ça fait chaud au cœur de voir qu’un groupe à l’autre bout de la planète ait confiance en ton travail. 
Je vais aussi lancer d’ici peu mon propre shop en ligne sur Big Cartel où les gens pourront retrouver au fur et à mesure des produits issus du studio comme des samples de batteries, des banques de sons, des presets pour guitares/basses, ou peut être même à l’avenir mes propres plug-in !
Les premiers produits seront des samples de batteries issues de ma production du dernier album de «Shoot The Girl First» qui paraitra début Avril sur le label Redfield Records.


Interview : Jean-Louis
Photos : DR





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